23 juillet 2007
Extrême-orient... (1)
Ces dernières années, une partie de mes pensées étaient concentrées sur l'orient. J'ai eu la chance d'y faire deux beaux voyages, en Mongolie et en Chine.
Les voyages.
Au delà de tous les clichés traditionnels, ils sont pour moi l'occasion de lire, de dévorer des livres... Il y a toujours ces moments d'attente, de transit. Sans oublier les transports... et si cahotiques soient-ils, ils ne m'ont jamais empêché de lire... Les yeux rivés à mon bouquin, je peux subir les pires secousses, mon estomac est toujours solidaire! Et puis, les bouquins peuvent devenir monnaie d'échange... En règle générale, je déteste me séparer d'un livre, mais en voyage, je fais souvent exception à la règle... portée par mon enthousiasme de faire découvrir la perle rare à un voyageur ou mue par une folle envie de lire alors que j'ai déjà tout "consommé" ce que contenait mon sac à dos!
Un sujet appelant l'autre, je me propose de vous faire découvrir quelques auteurs de l'Extrême-Orient qui m'ont marqué ces dernières années... Si la Chine cristallise toujours chez moi une forte envie de découvrir, je n'ai cependant jamais réussi à lire un auteur chinois plus de cinq pages... et ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé! Je vais donc commencer notre voyage, chronologiquement par un auteur mongol, qui écrit en allemand: Galsan Tschinag.

Ciel Bleu et Monde Gris sont pour moi deux beaux souvenirs de poésie, parfois douloureuse.
Sans nous brusquer, par une espèce de lenteur toute propre à la tradition touva, Galsan Tschinag nous conte son enfance dans Ciel Bleu. C'est pour lui le temps de l'innocence, d'une vie simple rythmée par les saisons, les éléments. Récit d'une vie nomade et initiation chamanique. Voici les premières lignes:
Il est possible que cette histoire ait commencé dans un rêve. Etait-ce une préparation à ce qui allait suivre, une mise en garde peut-être? Car le rêve était pénible - un cauchemar.
On disait qu'il ne fallait pas parler de ses mauvais rêves à personne, mais les dire plutôt pour soi à haute voix, puis cracher trois fois. On disait la mêm chose pour les rêves agréables. Il ne fallait les confier à personne, les garder pour soi. Ceux qu'on entendait raconter n'étaient-ils donc ni bons ni mauvais ?
La journée dans la yourte commençait en général par le récit des rêves de la nuit, et à en juger d'après le comportement de l'assistance, c'était une source fréquentz de joie ou de souci. Bizarre!
Mais lorsque je fis ce rêve, j'ignorais encore la règle.
Le Monde Gris sonne le glas du temps de l'innocence. Dans la Mongolie communiste des années cinquante, il faut aller à l'école. Le jeune rêveur apprend la règle.
Ces deux livres sont publiés aux éditions Métailié qui en ont fait deux beaux objets à la couverture douce (je ne sais pas vous mais je suis sensible à l'"enrobage" lorsque j'achète un livre!). Ils font écho aux magnifiques films de Byambasuren Davaa, L'histoire du chameau qui pleure et Le chien jaune de Mongolie. Dans le dernier, j'ai vraiment retrouvé l'esprit de Galsan Tschinag, notamment lorsque la petite fille(Nansal), perdue, est recueillie par une vieille femme dans sa yourte. Pour l'amuser, elle lui demande de faire tenir un grain de riz sur une baguette de bois verticale en déversant une poignée de riz dessus. Comme c'est impossible, elle explique à Nansal qu'elle a autant de chances de se réincarner en humain que celle de faire tenir un grain de riz sur la baguette. Mais elle aura peut-être aussi la chance de réincarner dans une plante ou dans un animal. Vois comme la vie est précieuse!
NB: la suite du voyage dans un post ultérieur... je vais occuper quelques heures à la fin des aventures du sorcier adolescent (qe voulez-vous, je suis accro!)
Commentaires
bô
C'est bô, c'est poétique, c'est alléchant : ça donne envie de lire et de voyager... avec toi. Dès que je me suis débarrassée du "truc" on se maintient la découverte de l'Ouzbékistan ?
Et moi aussi je suis sous le charme du jeune sorcier... (bientôt à la page 500, je l'économise...)
Bon ben moi j'ai fait son sort au gentil sorcier... ah quel pouvoir je détiens!!! (je n'ai pas su économiser!)
Bien sûr que l'on prend notre billet pour Samarkande et Boukhara dès que tu as terminé de pédaler, patauger... (enfin c'est toi qui vois!)
Je suis arrivée par hasard sur votre blog et je vous remercie pour ces conseils de lecture agrémentés de belles photos. On n'entend pas souvent parler de la Mongolie.
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