12 octobre 2008

Hier ou avant-hier

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Dans la grande tornade de la rentrée, il ne vous a pas échappé que de grands bouleversements avaient atteints l'école d'hier. Je ne parle pas de l'école de nos parents, je parle de l'école d'hier. Encore, pas celle de 2007, celle de juste avant. Celle où les programmes ne niaient pas les dernières découvertes en matière de psychologie de l'enfant et en sciences de l'éducation, celle qui faisait une part encore belle aux pédagogies "différentes". Celle qui avait bien compris qu'un enfant n'apprend pas en appliquant ce que le maître dit mais en surmontant petit à petit ses difficultés.

"Différentes" de quoi d'ailleurs? Justement de l'école de nos parents. Encore que quand je lis les livres de Paul Le Bohec* ou de Jean Le Gal**, je crois que j'aurais bien apprécié leur version de l'école de nos parents.

Je vous livre ci-dessous un extrait du dernier ouvrage de Paul Le Bohec, qui vient juste après la description de la mise en place d'ateliers de création orale collective où il se décrit comme organisateur "des conditions d'une création libre".

Evidemment, il est clair que si nous, les maîtres, nous travaillons de cette façon, c'est parce que nous y trouvons notre intérêt. Nous avons les enfants en charge et nous voulons leur donner le maximum de ce à quoi nous pensons qu'ils ont droit. Cependant, il n'en est pas moins vrai qu'en échange, nous sommes sur beaucoup de plans très bénéficiaires. Mais nous avons l'impression que les enfants ne sont pas pour autant victimes de nos intentions. Ils s'engagent avec un tel élan lors des séances que nous ne pouvons que nous en réjouir. Ce n'est pas possible qu'ils n'y trouvent pas leur compte. [...] De toute façon, nous n'avons pas à culpabiliser: quels que soient les choix d'engagement, de prudence ou de conservatisme qu'il fait, tout enseignant ne décide jamais qu'en fonction de lui-même. Et un enseignant sans désir n'apporte que la mort.

Néanmoins, pour ceux qui n'auraient pas compris, ou ceux qui voudraient vérifier s'ils ont bien intégré les orientations actuelles de l'école, qu'ils aillent se tester avec ce questionnaire. Je n'ai pas trouvé qui était le rédacteur de ces lignes mais c'est, en terme de propagande, exemplaire. (J'ai même essayé de répondre vrai puis faux, c'est grinçant.)

Après la visite de ce site infâme, vous pourrez toujours vous rattraper en allant signer la pétition:

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* L'école réparatrice de destins, sur les pas de la méthode Freinet

** Le maître qui apprenait aux enfants à grandir, un parcours en pédagogie Freinet vers l'autogestion

Posté par Classafaire à 21:04 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur Hier ou avant-hier

    Je vais prêcher pour ma paroisse, mais que dire des enseignants sans désir d'être là où ils sont ? Comment arriver à créer le désir chez autrui ?

    Posté par Kalliope, 15 octobre 2008 à 09:43 | | Répondre
  • Ce n'est en soi, pour moi, pas le vrai débat.
    Lorsque tu t'engages sur la voie de l'enseignement tu dois pouvoir susciter chez tes élèves le désir de progresser qui qu'ils soient et où qu'ils soient. C'est sans doute une vision très orthodoxe de notre engagement, même si je ne veux pas faire de nous des curés ou des pasteurs (sic!)(mais tu es à moitié responsable de ma dérive, c'est toi qui parles de prêcher!).
    Pour la vraie réponse à l'amie, je dis "Patience!"

    Posté par Célestine, 15 octobre 2008 à 18:09 | | Répondre
  • Ouais, j'ai signé la pétition, suis déçue de pas pouvoir aller à la manif, snif! C'est quand même c.. que la seule manif de dimanche soit à Paris.

    Posté par Carla, 17 octobre 2008 à 19:16 | | Répondre
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